Grand Oral : Retour d’expérience

Partager c'est aimer !

Aujourd’hui voici le témoignage de Remy, notre rédacteur en droit des libertés fondamentales, sur son Grand Oral.

Il vous livre ses conseils notamment “Comment il a révisé le grand oral du CRFPA” :

Introduction

Pour commencer, j’ai dormi ! Longtemps ! Disons toute la semaine qui a suivi les écrits.

En réalité, les deux semaines qui ont suivis les écrits, je n’ai absolument pas travaillé. Je me suis contenté de dormir (beaucoup donc), regarder des séries, faire du sport et me dire que j’avais complètement raté les écrits et que je devais peut-être arrêter de travailler et préparer mon entourage à une reconversion …  Le projet était de ne prendre qu’une seule semaine de pause, mais la flemme et la déprime post-écrits ont gagné … Il a donc fallu que je me remotive, notamment en écrivant des articles pour www.departement-juridique.fr , ce qui m’a permis de recommencer le travail en douceur.

Je me souviens avoir terminé les écrits le 7 septembre, que les résultats d’admissibilités tombaient le 22 octobre, que les grands oraux commençaient le 8 novembre, que j’ai repris les révisions sérieusement le 24 septembre (très risqué).

Environ neuf semaines séparaient la fin des écrits du début des oraux, et je m’en suis donc octroyé 7 pour mes révisions du Grand O (et de la langue … évidemment J ).

Sachez que rien n’est pire que les gens qui travaillent de 9h à 22h, sauf les gens qui vous convainc qu’ils travaillent de 9h à 22h et que vous devriez faire comme eux. Lors de mes révisions du Grand O, je ne me suis jamais mis à travailler avant 10h, et je n’ai jamais fini après 19h pour ls grosses journées (avec 2h de pause à midi), et il arrivait régulièrement que je ne travaille vraiment que de 14h à 19h.

 

Quelle a été la chronologie de mes révisions du Grand O ?

Avant de vous dérouler cette chronologie, sachez qu’elle n’avait rien de calculée. J’ai avancé à mon rythme, je n’avais jamais prévu de date butoir pour changer de phase de travail. Donc ne prenez pas cette chronologie comme étant LA méthode pour réussir le Grand O, la meilleure des méthodologies c’est la vôtre, celle qui colle à votre rythme de travail, celle de laquelle vous tirez les meilleurs résultats et qui ne vous épuise pas sur la durée.

Les dix premiers jours de révisions

Les dix premiers jours de révisions, je coupais mes journées en deux :

  • Le matin je lisais l’actualité, et commentais ce qui m’intéressait pour le compte de departement-juridique.fr
  • L’après-midi : je lisais et fichais (1 page de fiche = 5 pages de cours) le manuel de libertés publiques envoyé par ma prépa. Celui-ci se lisait très vite et équivaudrait à un précis de droit des libertés publiques, à des fiches de révisions. Je trouve que ce manuel ne suffisait absolument pas à avoir le fond nécessaire à l’examen, mais de par sa concision, il permettait d’avoir une vue d’ensemble du droit des libertés publiques et de la méthode de présentation des libertés publiques (par le biais d’un plan chronologique, d’un plan complémentaire ou d’un plan d’opposition).

Bref, les dix premiers jours m’ont permis d’avoir une vue d’ensemble de la matière, et d’appréhender la « liste » des droits et libertés fondamentaux.

Les dix jours suivants

En lisant mon manuel de libertés, je suis resté sur ma faim, je le trouvais trop léger, et ne m’étant pas encore entraîné au Grand O post-réforme je ne connaissais pas les attentes du jury.

J’ai donc entrepris de compléter les fiches que j’avais faite, UNIQUEMENT SUR LES THEMES QUE J’ESTIMAIS NE PAS MAITRISER ET SUR CEUX QUI N’ETAIENT PAS TRAITER dans le manuel de ma prépa, grâce au manuel d’une autre prépa, qu’une amie m’avait envoyé gracieusement (la prépa qui fait un manuel en 2 tomes, avec plus de 700 pages au total, qui coûte très cher et dont je ne peux citer le nom ici).

Généralement ce travail n’occupait que mes après-midi, mes matinées étant plutôt dédiées à la lecture de l’actualité juridiques et à rattraper l’année de jurisprudences et actualités non-lues qui précédaient l’examen. Bien-sûr, à chaque lecture j’identifiais les libertés qui pouvaient être en jeu, et j’essayais de réfléchir de manière bipartite, en pensant à un plan permettant de commenter le texte que je lisais. Je continuais d’ailleurs de rédiger pour www.departement-juridique.fr des articles, sur les textes dont l’apport me paraissait important pour le Grand O.

A partir du 20ème jour de révisions et jusqu’à la fin

A partir du 20ème jour de révisions du Grand O, et jusqu’à la fin, parce que j’avais compris lors des écrits qu’un exercice bien fait valait plus que des journées de révisions « procrastinatiques », je me suis exercé toute la journée, à raison de 2 commentaires (de texte, d’arrêt, ou d’articles) par jours, en conditions réelles (1h de préparation, 15 minutes d’exposé).

Je vous conseille, lors de cette dernière phase, de travailler en condition réelles, et avoir pour seul support un recueil de textes autorisé.

Le reste du temps, je scrutais TOUTE l’actualité, juridique et médiatique, et je ne lisais plus que par le prisme des droits et libertés fondamentaux.

Lorsque l’actualité ne s’y prêtait pas, j’identifiais le thème d’un article et j’écrivais sur un brouillon tout ce que je savais sur la/les droits et libertés identifiables dans le sujet. Je cherchais à reconstituer l’historique du ou des droits et libertés fondamentaux dont il était question dans mon texte, parce que la chronologie de l’évolution d’un droit, d’une liberté, pouvait permettre de trouver un point de tension dans un sujet et de construire un plan à partir d’un événement en particulier.

Ce qui m’a le plus aidé, je pense, c’est mon cercle d’amis, parmi lesquels je comptais une avocate, d’autres candidats au CRFPA, des doctorants en droit public, des candidats à l’ENM etc. Cela m’a permis de programmer avec eux, et à plus de 20 reprises, des entraînements au Grand Oral. J’ai donc eu la chance de m’entraîner au moins 20 fois en conditions réelles, dans le mois qui précédait mon épreuve. L’ensemble des sujets qu’ils m’ont obligé à traiter (sans penser à me mettre à l’aise) et l’ensemble de leurs critiques et de leurs différents point de vue m’ont permis de maîtriser des éléments indispensables à un bon oral :

  • La maîtrise du temps de préparation
  • La maîtrise du temps d’exposé
  • La maîtrise de la proportion à consacrer à chaque partie
  • La maîtrise du débit de parole
  • La maîtrise du vocabulaire et des expressions à ne jamais employer
  • La compréhension des attentes d’un jury, qui ne maîtrise pas forcément la solution aux sujets et questions posées

Ce dernier élément est peut-être le plus important : la compréhension des attentes du jury. Je ne parle pas des attentes que je qualifierai (celles liées au barème de l’examen), je parle des attentes que je qualifie de subjectives (liées à votre personnalité) et qui sont celles qui vont influencer leur manière d’apprécier les attentes objectives, leur note. Il est évident que chaque jury étant différent, les attentes subjectives ne sont pas identiques pour tous, mais certaines règles sont universelles et s’appliquent à tous !

Voici donc ce que j’estime être les bases d’un bon oral.

Les attentes objectives du jury (les attentes du jury quant à votre exposé)

  • Respectez votre temps

Ni trop court, ni trop long !

Ne dépassez surtout pas les 15 minutes d’exposé, et il est préférable de ne pas descendre sous les 13 minutes d’exposé.

Le temps consacré à chaque partie doit être équitable, le temps consacré à l’introduction peut-être (doit-être selon les IEJ) plus bref. Un plan avec une intro de 3 minutes, et deux parties de 6 minutes est un idéal.

 

  • Plan cohérent

Le plan doit faire écho au titre du document, et doit répondre parfaitement à la problématique que vous soulèverez. Vos deux parties doivent être complémentaire et justifier la tension qui construit votre problématique.

 

  • Plan audible

N’oubliez pas que certains membres du jury découvrent peut-être le sujet avec vous, et ce qui est certain c’est qu’ils découvrent votre analyse à la vitesse de votre propos. Marquez donc des temps d’arrêts lorsque vous changez de partie et de sous-partie, ayez des phrases de transition claire.

 

  • Ayez un parti pris tout en étant objectif

Vous voulez devenir avocat, vous ne passez pas un oral de L2, ne soyez-donc surtout pas l’étudiant qui récite par cœur sa leçon. Vous avez eu a minima un mois pour réviser, le jury sait que vous savez beaucoup de choses, ce qu’il cherche à évaluer, c’est vos capacités oratoires, votre éloquence, et votre capacité à défendre un point de vue.

Prenez parti, mais un parti juridique, c’est-à-dire que vous devez prendre position en droit, notamment lorsque deux interprétations d’un texte sont possible au regard de la jurisprudence ou de la doctrine, lorsqu’une réforme est à venir et pourrait contredire une décision ou lorsqu’une décision s’oppose à la jurisprudence constante par exemple.

Il ne s’agit pas de donner une opinion personnelle, ce qui peut être sanctionné.

Les attentes subjectives du jury  (les attentes du jury quant à votre personnalité )

  • Lorsque vous entrez dans la salle d’examen

Je ne comprends même pas le débat quant à la question de savoir s’il faut ou non saluer le jury en rentrant. A l’évidence oui, saluez les tous, d’une voix affirmée.

Si le jury ne se compose que d’hommes : « Bonjour Messieurs »

Si le jury ne se compose que de femmes : « Bonjour Mesdames »

Si le jury se compose d’un homme et de plusieurs femmes : « Bonjour Monsieur, Bonjour Mesdames »

Et ainsi de suite.

Saluez toujours le/la Président(e) du jury en premier.

 

  • Relâchez-vous, et maîtrisez les apparences

Lâcher la pression, le stress se voit, le stress s’entend, le stress se sanctionne.

Peut-importe ce que vous pensez de vous et de votre exposé, vous êtes prêt, et 2 semaines de révisions en plus n’auraient rien changé, donnez donc le meilleur de vous-même.

Soyez-sûr de vous : vous ne serez sûrement pas sûr de vous le jour J, mais le jury doit croire que vous l’êtes !

  • Affirmez vos idées dont vous êtes sûrs avec la même conviction que celles dont vous l’êtes moins voire pas du tout.
  • Ne murmurez pas, ne criez pas, parlez de manière audible, posé et affirmé.
  • Vos gestes et votre posture doivent appuyer vos propos, pas dévoiler votre stress. Ne manipulez pas votre stylo, votre brouillon, vos lunettes etc.
  • Regardez le jury 

Lâcher votre brouillon, et cherchez le regard des membres du jury, un par un, ne parlez pas dans le vide, adressez-vous à eux.

 

  • Soyez tenace sur les questions

Sans forcément maîtriser les réponses aux questions qu’il vous posera, le jury cherchera à vous mettre en difficulté lors de la séance de réponse aux questions.

Ils chercheront vos incertitudes et vos points faibles pour appuyer dessus et tester votre adversité, votre capacité à argumenter lorsque vous êtes mis en difficulté.

 

Ne dites pas « je ne sais pas », essayez de construire un raisonnement. Un raisonnement faux par manque de connaissance mais pertinent dans sa réflexion et son exposé vaut peut-être autant si ce n’est plus qu’une réponse que vous apportez sans difficulté.

 

Pour conclure, je vous recommande la lecture de l’ouvrage de Maître Hasna BENARAB, « CRFPA : secrets de réussite d’une major de promo » dans lequel l’auteur livre des conseils méthodologiques pour le grand oral et plus globalement pour le CRFPA, et dans lequel je livre un témoignage.


Encore plus de Grand Oral >> lire l’article “Comment réussir le Grand oral du CRFPA”


—JEU CONCOURS—

sur l’instagram de Remy : remy_dd

 

A propos de l'auteur

0 Commentaire

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.