L’Irlande a dit “oui” à l’IVG

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Le référendum du 25 mai 2018 a été historique pour la République d’Irlande, il est le signe d’une évolution à la fois culturelle et sociétale dans tout le pays. Ce pays à forte tradition catholique, a approuvé par référendum le procédé de l’avortement (ou interruption volontaire de grossesse dit IVG), interdit jusque-là par le 8e amendement de la constitution irlandaise. 

En effet le 8e amendement de la constitution irlandaise dispose que « L’État reconnaît le droit à la vie du fœtus et, en respectant pleinement le droit égal de la mère à la vie, garantit dans sa législation le respect de ce droit et, dans la mesure du possible, de le défendre et de le faire valoir par ses lois ».

Ce référendum avait donc pour vocation de se prononcer en faveur ou en défaveur de l’abrogation du 8e amendement de la Constitution irlandaise prohibant le recours à l’interruption volontaire de grossesse depuis 1983 au nom du droit à la vie, dans une Irlande très catholique.

Le « oui » l’a emporté à 66.4% ce 25 mai 2018.  

Cette promesse était celle de Léo Varadkar, premier ministre irlandais, arrivé au pouvoir en 2017 estimant cette loi « trop restrictive ».

Il faut souligner que l’Irlande avait déjà changé substantiellement la loi sur l’IVG après une affaire qui avait fait scandale. En 2012, une jeune femme enceinte de 17 semaines est morte après s’être vu refuser un avortement alors qu’elle faisait une fausse couche. Le gouvernement à donc modifier sa loi pour permettre dans des cas extrême un recours possible à l’interruption volontaire de grossesse. L’avortement sera alors permis seulement en cas « de risque substantiel pour la vie de la mère ». Ce risque peut comprendre également le suicide. Depuis 2014, une vingtaine d’avortement ont été recensés chaque année. Cependant cela ne comprend pas les cas de viol, d’inceste ou encore de malformation du fœtus. La procédure particulière d’interruption médicale de grossesse en cas de pathologie incurable du fœtus tel une trisomie 21 est également proscrite.

Pour pallier les carences de la loi en matière l’interruption volontaire de grossesse, nombreuses étaient les irlandaises qui partaient ailleurs en Europe, pour avoir recours à une l’interruption volontaire de grossesse, notamment en Grande Bretagne.

Il faut préciser qu’une peine existait en Irlande, comme qui existait pour les faiseuses d’ange en France : le fait d’aider une femme à mettre un terme à sa grossesse. Cette peine en Irlande s’élevait à 14 ans de prison avec une amende. Elle prendra fin avec le 8e amendement.

Un projet de loi sera déposé afin de légaliser l’IVG pendant les douze premières semaines de grossesse, comme en France, et jusqu’à la 24e semaine pour des raisons de santé.

Pour rappel en France :

L’avortement a toujours été condamné par la religion, et notamment dans la France catholique. Le code pénal de Napoléon en 1810 y instaure ce crime : « le crime d’avortement » pour punir celles qui mettent fin à leur grossesse mais aussi celles qui les ont aidé. Cependant de nombreux journaux laissent à penser que cette pratique fut tolérée.

En 1920, une loi interdit l’avortement, la contraception et toute propagande anticonceptionnelle. L’avortement n’est donc plus un crime mais un délit, mais les peines augmentent. Sous Vichy, dès 1942, l’avortement devient un crime d’Etat et les avorteuses (ou faiseuse d’anges) sont guillotinées. A la Libération, la peine de mort est supprimée mais toujours prohibée.

Il faudra attendre la loi Veil de 1975 pour voir la dépénalisation de l’avortement, qui devient alors « Interruption Volontaire de Grossesse » (IVG), notamment avec l’aide du plaidoyer de Me Gisele Halimi au procès de Bobigny qui a contribué à l’évolution de la dépénalisation de l’avortement en France.

 

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