Le livre noir de la gynécologie de Mélanie Déchalotte

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 Parmi les violences dans le soin, les femmes sont souvent soumises à de nombreuses violences. Ainsi le soin des femmes résident dans la gynécologie (étude de la femme) dans leur suivi médical du début de la puberté, des premières relations sexuelles, de leur volonté d’avoir un enfant ou non, leur grossesse, le suivi de la grossesse ….

2014 est l’année du #payetonuterus : en 24h, 7 000 femmes y dénoncent des propos porteurs d’injonction sur leurs poids ou leur sexualité, sur le fait de vouloir ou non un enfant, des actes qui sont souvent douloureux (accouchements traumatisants), et certains pratiqués sans leur consentement jusqu’à des violences sexuelles (touchers vaginaux non consentis).

C’est un véritable soulagement pour une majorité de femmes qui étaient dans un silence douloureux et à la fin de la toute puissance des soignants.

A cet effet Marlène SCHIAPPA, secrétaire auprès du premier ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte cotre la discriminations demande au HCE de se pencher sur la problématique et de lui rendre un rapport.

Lecture du “livre noir de la gynécologie” par la journaliste Mélanie Déchalotte

Ce livre est super ! Il est très agréable à lire, véritable mine d’or de successions de témoignages de femmes blessées dont leurs souffrances ont été longtemps passées sous silence.

Il ressort de ce livre, qu’on ne connaît pas les conditions des actes gynécologiques et obstétricaux dans l’aspect de leurs brutalités tel que les divers jugements sexistes dans le suivi gynécologique classique.

Certains témoignages :

  • * Les mineures lors de leur premier rendez-vous pour une contraceptions (pilules) qui subissent un examen complet (toucher vaginal) non justifié alors qu’une simple prise de tension artérielle suffit pour une telle ordonnance, cela peut être terriblement traumatisant pour les jeunes filles qui apprennent tout juste à connaître leur sexualité ;
  • * Des propos sexistes, vicieux, sexuels ;
  • * Les femmes enceintes qui subissent des actes non consentis ;
  • * Les femmes atteintes d’endométriose (maladie gynécologique très douloureuse due à une expansion du tissu utérin en dehors de l’utérus)
  • * Les violences mentales ou physiques : pas de prise en compte de la souffrance, pas d’empathie (on infantilise la femme) : exemple des règles qui ne font pas mal …

Autres cas, les accouchements, certaines parlent de véritables violences assimilées à des viols (touchers vaginaux, ciseaux, forceps, épisiotomie et retrait du placenta à vif …) car ces actes sont faits sans informations et sans consentements. On a les même séquelles qu’un viol.

Quelques exemples en chirurgie :

  • Épisiotomie (incision du périnée au moment de l’accouchement pour faciliter la sortie du bébé) sans information et sans consentement (imposée) dans 85% du collectif de la naissance. Le CHU de Besançon à moins de 1% d’épisiotomie.
  • Le point du mari : Après une épisiotomie, on fait un point supplémentaire pour augmenter le plaisir de l’homme exclusivement. Beaucoup ont appris sans savoir et le font par automatismes. Les autres ne le nie pas, c’est trop souvent sans consentement de la femme (recueil des praticiens).
  • L’expression Abdominale : pratique obstétricale consistant à expulser l’enfant à naitre en appliquant une pression sur l’abdomen de la parturiente et donc sur le fond de l’utérus avec l’intention de raccourcir la durée de la 2eme phase de l’accouchement. Ce geste a été abolit par la HAS et interdit dès 2007, caractérisé même de faute professionnelle grave (pourtant il est encore pratiqué) => Pour plus d’information, cliquez sur ce lien.

Mélanie Déchallotte, la journaliste, nous explique alors que le viol obstétrical existe !

Les conséquences peuvent ainsi impacter la femme par un stress post-traumatique comme les victimes de violences sexuelles, mais aussi impacter la relation mère-enfant et la relation du couple.

Les praticiens ont-ils conscience de ces actes violents ? Mélanie DECHALOTTE nous répondra que NON pour la majorité d’entre eux, tous sexe confondus (sage femme, gynécologue …). Il y a un problème en ce sens qu’ils ne s’intéressent pas aux vécus de ses femmes d’après la journaliste.

Marlène Schiappa, secrétaire d’État auprès du premier ministre, chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, commande un rapport le 20 juillet 2017 sur ces violences. Elle se base sur les nombreux témoignages de ces violences notamment sur les réseaux sociaux et sur les quelques chiffres à sa disposition. En effet, elle souligne que trop d’épisiotomie sont faites sans consentement et sans informations alors que l’OMS préconise 20% environ (Recommandation de bonne pratique de la HAS de 2017 en cliquant ici). Ces propos ont été très mal perçu par les soignants.

Avis sur le livre

Passionnée par le droit de la santé notamment le droit médical, j’ai adoré ce livre. Tous ces témoignages sont bouleversant et le livre regroupe diverses professions de la maternité et des parturientes (femmes enceintes). C’est à mon -sens, un livre indispensable pour comprendre les enjeux des violences dans le soin faites aux femmes.

Cependant, il faut quand même toujours peser les deux poids dans la balances des “violences gynécologiques et obstétriques”. D’abord les médecins des anciennes générations sont celles du paternalisme, cela ne postule pas de la violence envers les femmes mais ces médecins n’ont pas été formé à la psychologie des patientes. Puis, il ne faut pas faire des médecins présent dans ce livre une généralité. Il existe aussi une violence des patient(e)s envers les médecins de toute spécialité confondus (pression, attentes, obligation de résultat alors qu’il n’existe qu’une obligation de moyen, insultes, …).

Je conseille vivement la lecture de cet ouvrage pour les juristes en santé, des personnes qui sont investis pour les droits de la femme ou du patient, pour des patientes, des médecins, des soignants, ou encore toute personne qui s’intéresse au monde médical.


Lire notre article sur les violences gynécologiques et obstétriques


En savoir plus :

Livre « le livre noir de la gynécologie » par Mélanie Déchalotte chez C à vous : cliquez ici

Rapport du HCE «actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical » en intégralité (164 pages) : cliquez ici et son communiqué de presse du HCE du 29 juin 2018 de ce rapport en cliquant ici

Recommandation de bonne pratique de la HAS sur « l’accouchement normal : accompagnement de a physiologie et interventions médicales » : cliquez ici

Site de la HAS sur l’accouchement normal : cliquez ici

Article des Elles Law « L’épisiotomie et les violences obstétricales, kèsako ? »

 

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